compte rendu du 22 septembre 2007

Nous remercions de son aimable autorisation de publication de ses comptes rendus

 

Salle 2

Gaetan Vermeersh (1)
D.G. ; Chef de clinique adjoint Chargé d'enseignement clinique dans le service d'odontologie conservatrice et endodontie

Mise au point sur les Ionomères de Verre

Dr Alain Arys (5)
DS Paro, post-gradué en implantologie et réhabilitation orale de l’Université de Paris VI

L’implant :où ?quand ?comment ?

Professeur
Chritian Vanzeveren
(2)
 
D.G  ; Docteur en sciences dentaires
Chef du service de prothèse UCL

la prothèse amovible au quotidien

 DrFrank Pourrat(France) (6)
chirurgien dentiste , spécialiste en orthodontie

critères d evaluation du sourire

Dîner

Dîner

Pierre Brassard Fondateur de IDO Canada et europe & Jean Francois Falys D.G (3)
Organisation professionnelle : l'indispensable à la qualité des soins

Dr Antonio Patti (Italie) Docteur en médecine spécialiste en stomatologie et orthodontie &
Dr Jean Marie Korbendau
(France) Docteur en chirurgie dentaire et sciences odontologiques
 (7)
aspect parodontal de la canine incluse

 Pascal EPPE  (4) :
D.G. ;orthondontie-réhabilitation neuro-occlusale  Implantologie Orale
Prévention ou dépistage ?:Intérêt d’une approche individualisée et biologique.

  Dr Fabienne Rectem(France) (8)
chirurgien dentiste , spécialiste en orthodontie

Les apnées du sommeil: le rôle du dentiste

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ionomères de verre

 

Tout le monde s’accorde sur un avantage majeur de ce type de matériau : la libération de fluorures dans la cavité. Pour déterminer leur indication, retenons leur effet cariostatique et ralentisseur du métabolisme bactérien mais aussi un coefficient d’expansion thermique proche de celui de la dent, une adhésion spontanée aux tissus dentaires, une bonne tolérance aux conditions de placement.

Au chapitre des inconvénients, notons leurs faibles propriétés mécaniques, l’esthétique relative et leur sensibilité aux variations hydriques. Pour pallier ce problème, il est impératif de protéger les surfaces exposées par une résine Coat LC ou par un bonding de 4ème génération. En effet, si par son caractère hydrophile, le matériau est tolérant aux conditions d’humidité lors du placement, il n’en est pas de même dans le temps.

Les IOV type « Cermet » comme le Ketac Silver ne sont plus d’actualité. Aujourd’hui, trois catégories siègent dans la famille des IOV : les IOV condensables à haut rapport poudre/liquide (CVI conventionnels), les IOV modifiés à la résine (CVIMAR) et les compomères, hybrides entre les composites et les ionomères. Chaque type d’IOV a été mis au point dans le but d’améliorer les qualités de la précédente génération. Ainsi, les CVIMAR améliorent l’adhésion, l’herméticité, l’esthétique, le temps de travail et diminuent le temps de prise. Par contre, ils semblent avoir une moins bonne résistance à l’usure. Il faut les travailler en couches de 2 mm et surtout les protéger par un coating. Les compomères tentent de réunir les propriétés des composites et des IOV. Résultat : ils sont plus esthétiques et offrent de meilleures propriétés mécaniques mais sont plus fragiles à l’abrasion. La libération de fluorures est nettement moindre ainsi que les effets cariostatiques et bactériostatiques. Leur protocole de placement est similaire aux composites par collage.

Gaëtan Vermeersh ( Vermeerch ?) attire l’attention sur la manipulation du IOV. Le temps de prise est rapide : il faut condenser rapidement, après placement, sous peine d’obtenir un mauvais joint au fond des box. Le fouloir sera mouillé pour éviter d’adhérer au produit. La forme en capsule est préférable car elle assure un mélange homogène. Le prétraitement des parois cavitaires est important. Le conditionneur (acide polyacrylique 10 à 25 % ) améliore la qualité de l’adhésion.

 En conclusion, les IOV sont à éviter dans les restaurations soumises à des forces occlusales importantes. Leur indication se situe plutôt pour les cavités de classe V ou de classe I.

Utilisés couramment dans le scellement prothétique, pour les restaurations temporaires, pour les fonds de cavité technique (sandwich ouvert ou fermé et chambre pulpaire), en dentition lactéale, les ionomères de verre trouvent aujourd’hui une nouvelle indication grandissante dans les restaurations des racines exposées, fréquentes en gérondotologie.

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La prothèse amovible au quotidien.

 

La réalisation de prothèses partielles de qualité répond à une logique somme toute assez évidente. Or, il existe encore de trop nombreux cas où les approximations de conception et d’élaboration débouchent sur un échec. La présentation du professeur Vanzeveren (UCL) reprend les principales étapes et les pièges à éviter pour l’obtention d’un travail correct. Nous parlons ici de prothèses partielles définitives, donc sur châssis métallique.

La première empreinte en alginate, qui doit être coulée à temps, doit servir à réaliser l’étude du cas et le dessin de l’armature. La conception du design de la prothèse relève de la responsabilité du dentiste : l’empreinte doit donner des informations sur la profondeur réelle de la gencive attachée en lingual des incisives inférieures (la hauteur de la connexion va en dépendre), on dessinera les zones à décharger (parties non compressibles) ainsi que l’emplacement des appuis et des crochets. Au maxillaire, le dessin dépendant des dents restantes (palais en U, plaque, …), il faudra veiller à ne pas montrer au patient, lors de l’entretien préalable à l’acceptation du travail, un type de châssis qu’il sera impossible de réaliser. L’analyse des échecs montre qu’ils sont plus fréquents en édentation terminale. Une dent terminale, même antéro-versée, devra être conservée, quitte à être modifiée, elle supportera un appui mésial.

Il faut pouvoir évaluer l’axe d’insertion. L’étude de cet axe peut nous amener à tailler le bombé d’une dent ou à décider de la couronner, on déterminera la hauteur des crochets en fonction des zones de retrait et on pourra évaluer l’esthétique. L’emplacement des appuis doit être déterminé pour tailler leur logette : sans cela, on risque d’obtenir une mauvaise occlusion. Les appuis s’opposent à l’enfoncement de la prothèse, les appuis directs faisant partie du complexe rétentif seront placés en mésial par rapport à l’édentation. Les appuis indirects, à distance des crochets, doivent s’opposer au soulèvement distal des selles. On peut alors être amené à en placer au niveau cingulaire des incisives, il faudra aussi repérer les risques de bascule autorisés par les appuis primaires et placer un appui secondaire pour la contrecarrer.

La seconde empreinte, non-compressive et après taille des logettes, permettra la réalisation du châssis métallique. Si l’édentation est importante, et en tous cas pour les édentations terminales mandibulaires, on devra réaliser une troisième empreinte compressive des crêtes.

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Les apnées du sommeil : le rôle du dentiste.

 

L’apnée du sommeil est une pathologie qui affecte une partie non-négligeable et sous-estimée de la population. Elle se caractérise par des interruptions multiples et momentanées de la respiration durant le sommeil et peut être d’origine centrale (neurologique) ou obstructive. Dans ce cas, il y a obstruction des voies aériennes supérieures par le voile du palais durant un temps significatif avant que le dormeur ne parvienne à forcer le passage. Cela se traduit par une perturbation du sommeil qui n’a plus son potentiel réparateur. Les conséquences en sont multiples : hypoxie avec effets sur le système nerveux, troubles cardiaques, troubles de la tension artérielle, complications rénales et hépatiques, etc. En outre, des troubles dus à la fatigue apparaissent : somnolence (risques d’accidents de la route x15 !), céphalées, troubles du comportement. Cette pathologie touche un public principalement masculin, en surpoids (graisse dans le cou), âgé de plus de 40 ans, avec certains comportements ( la prise d’alcool le soir, le fait de dormir sur le dos) et s’accompagne souvent (pas toujours !) de ronflements importants et irréguliers. Le dépistage se fait lors d’une épreuve test en clinique (labo du sommeil) et le traitement peut être chirurgical par résection partielle du voile (récidive ?) ou à l’aide d’un respirateur nocturne (masque à air en pression positive) qui doit être porté durant toute la nuit.

Fabienne Rectem est orthodontiste, son propos est de dépister les enfants présentant des caractéristiques qui pourraient donner lieu à ce type de pathologie. Il faut aussi savoir que des troubles du sommeil dans l’enfance peuvent diminuer le taux des hormones de croissance. Chez les enfants, cette pathologie touche autant les filles que les garçons. Ici, on va d’abord repérer les enfants respirateurs buccaux : paupières inférieures cernées, lèvres sèches, narines pincées. A la téléradiographie de profil, l’os hyoïde est en position basse. Le traitement devra optimiser la ventilation nasale. L’arsenal est divers : exercices volontaires, logopédie, enveloppe linguale nocturne (petit obturateur à porter en bouche pour empêcher la respiration buccale), exercices de mouchage et soufflements par le nez. Côté dentaire, on favorisera au maximum l’expansion maxillaire, parfois de manière forcée (disjoncteur), et on devra éviter les extractions. Cette prévention chez l’enfant diminuera aussi les risques durant l’âge adulte.

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Organisation professionnelle indispensable à la qualité des soins

 

Les sociétés dites de « coaching » destinées aux praticiens dentaires se multiplient sur notre continent. Pierre Brassard nous vient du Québec, où il y a plus de trente ans, pour répondre à la pénurie de dentistes, le pays a pris toute une série de mesures, dont entre autres la création des professions d’hygiéniste et de denturiste et le développement de structures d’aide professionnelle aux dentistes, appelées actuellement « coaching ». Le but était de rendre les dentistes plus efficaces et rendre leur entreprise plus florissante, permettant ainsi le recrutement de personnel et améliorer la santé bucco-dentaire de la population. La société IDO de Pierre Brassard œuvre, depuis cette époque, à l’installation, le développement et le suivi de la carrière des dentistes canadiens. Son expérience dans l’analyse des carrières des dentistes d’Outre-Atlantique, puis des dentistes français, lui a permis d’établir quelques constats.

Ainsi, au fil de leur carrière, de nombreux confrères perdent leur vision d’origine du métier. Souvent, ils n’ont pas ou ne se donnent pas l’occasion de travailler à la hauteur de leurs compétences. Ils partent avec le même diplôme mais ils n’exercent pas tous le métier de la même manière.  Au départ, les dentistes ont été formés dans les universités pour traiter des patients dont les besoins sont déterminés par le praticien lui-même. Mais actuellement, la nature des besoins des patients est beaucoup plus complexe, car la plupart de ceux-ci n’ont pas de besoins « type » sauf ceux qui souffrent. Bien souvent ceux-ci se contentent d’un soin « coupe-douleur ». La fonction du dentiste est alors celle d’un « pompier de la bouche ». Pour les autres patients qui viennent nous consulter, la difficulté réside dans la mise en évidence des réels besoins ressentis ou non de ces derniers.

Pour donner un nouvel élan à la carrière du dentiste et pour limiter ses frustrations, il faut déterminer les besoins des patients, faire connaître ses compétences, adapter son dialogue, ne pas tomber dans le piège du « bricolage dentaire » sous prétexte que l’on veut faire plaisir au patient et non lui rendre service. Les possibilités thérapeutiques actuelles et les compétences des dentistes valent mieux que cela.

Il faut aussi se fixer des objectifs : tous les cabinets qui fonctionnent et les carrières réussies ont comme dénominateur commun le fait que leurs objectifs ont été clairement définis au départ et qu’une vision claire de leur pratique s’en est dégagée.

La communication avec le patient est aussi une des clés du succès. Le dentiste ne parle pas la même langue que son patient : intégrer les techniques de communication, maîtriser la psychologie de la prise de décision, savoir gérer, faire accepter les plans de traitement, mettre sa technique au service de son art, être humaniste, savoir responsabiliser et motiver son personnel sont autant de moyens de garantir la réussite. En conclusion, il faut donner à sa pratique les moyens d’exercer ses talents et d’en vivre confortablement sans perdre sa vie en la gagnant.

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Approche médicale et nutritionnelle dans le traitement de la carie

 

La carie dentaire précoce est un phénomène réversible. La pathologie carieuse dépend de plusieurs facteurs dont celui du terrain du patient. On prône donc une étude individuelle du problème et dès lors, l’approche biologique peut apporter des éléments pertinents. Dans la défense contre la carie dentaire, nous connaissons le rôle important de la salive. Si des éléments comme le calcium, le phosphate et le zinc viennent à manquer, cela aura une répercussion négative sur la reminéralisation des tissus dentaires. Le zinc est nécessaire pour activer l’anhydrase carbonique. Cette enzyme présente dans la salive, contrôle le pouvoir tampon. Les tests salivaires peuvent apporter des informations intéressantes sur l’état de défense du patient (test GC, Vivadent, pH mètre). La qualité de la salive est aussi importante : si la viscosité augmente, le risque de carie est plus important. En terme quantitatif, un débit inférieur à 5 ml/5 minutes augmente aussi le risque. Pascal Eppe s’est prêté à quelques tests dont les conclusions marquent les esprits : le pH d’une canette de Cola est de 2,67, 1 soda équivaut à l’ingestion de 15 morceaux de sucre. Les versions «  light » contiennent de l’aspartam qui en excès peut entraîner des problèmes neurologiques. Par contre, le sucre non raffiné contient des éléments comme les oligo-éléments, du potassium, du magnésium, des vitamines et des sels minéraux. Certains de ces éléments font baisser l’acidité et lèvent ainsi le risque cariogène. Ce type de sucre dit « intégral complet » se trouve entre autres dans les points de vente Oxfam.

En termes d’approche nutritionnelle, Pascal Eppe insiste sur l’importance des vitamines. La vitamine A influence la dentinogenèse : si celle-ci diminue, la concentration en calcium dans la dentine diminue. La vitamine D stimule la minéralisation de la dentine par augmentation de l’ostéopontine. Le plaidoyer de Pascal Eppe est clair, il propose de changer ses habitudes de traitement en analysant les facteurs préventifs de la carie, comprenant entre autres un bilan nutritionnel afin de tenter de diagnostiquer les carences avant de prendre la turbine. Une approche plus médicale que dentaire peut se décliner sur trois plans : établir un plan de traitement global intégrant prévention et soins, impliquer le patient par une communication adéquate et intégrer les outils de mesure nécessaires pour faire évoluer son diagnostic.

 

Didier Pansaers et Jean Terseleer

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