Compte Rendu Conférence du 17 Septembre 2010

Nous remercions de son aimable autorisation de publication de ses comptes rendus

C’est au Castel de Pont-à-Lesse que la Société Pluridisciplinaire d’Odontologie Belge organisait, ce 17 septembre, sa journée scientifique. La formule permettait de choisir, pour chacun des quatre modules qui composaient la journée, l’une ou l’autre des deux salles qui se juxtaposent dans l’hôtel. Les thèmes développés étant donc chaque fois double, nous ne pourrons les aborder tous ici : quelques-uns seulement ont retenu notre attention. Nous ne ferons que les évoquer, car ces exposés ne pouvaient bien sûr avoir tout leur impact qu’accompagnés des multiples documents multimédia qui les soutenaient, et qui justifiaient à eux seuls la présence aux cours.

comptes rendus réalisés par Pierre-Yves MARIÉ et Didier PANSAERS, dentistes généralistes

 

                      

Salle 1

Salle 2

Sébastien BEUN (1)dom 4
chargé de cours UCL responsable de l’enseignement de la dentisterie restauratrice, de l’ergonomie et organisation professionnelle

Les composites et leurs dernières évolutions : info ou intox?

 Jean-Pierre BORGERS (5)dom 7
Dentiste spécialiste en prothèse, attaché à L’ULg

 apport de la piézographie au quotidien

Fabienne Papazian (2)dom 2
Kinésithérapeute - Ostéopathe D.O.

 Ergonomie du cabinet dentaire.

 

 Thierry Decoster (6)dom 5
Dentiste spécialiste en orthodontie
Président SOBOR


Critères d’ harmonie faciale

Dîner

Dîner

 Prof. JP.Van Nieuwenhuysen
Chef du Service de Pathologie et Thérapeutique Dentaires, Président de l'Ecole de Médecine Dentaire et de Stomatologie UCL
&
Arman GAZI
(3)dom 4
endodontiste exclusif Chef de Clinique  ULB

Prise de décision en endodontie
(+ séance interactive)

Prof. Marc LAMY (7)dom 7
Chargé de Cours à l’ULG ,Chef de Service CHU Sart Tilman

 Comment gérer l'occlusion en prothèse sur implants?.

Prof. JP.Van Nieuwenhuysen
Chef du Service de Pathologie et Thérapeutique Dentaires, Président de l'Ecole de Médecine Dentaire et de Stomatologie UCL
&
Arman GAZI
(4)dom 4
endodontiste exclusif Chef de Clinique  ULB

Echecs en endodontie et Nouveautés en endodontie
 

Geoffrey Lecloux(8)dom 6
Dte spécialiste en parodontologie
Chef de clinique ULG, service médecine dentaire CHU Liège

Chirurgie implantaire flapless, sinuslift, régénération osseuse, greffe osseuse 3 D : Des interventions chirurgicales moins invasives au service de nos patients.

 

 

L’apport de la piézographie au quotidien était le thème abordé par le dentiste J-P Borgers. Il n’était pas possible dans un module d’une heure et demi, de faire le tour de la question. Mais il était possible de démystifier cette technique pour la rendre accessible au plus grand nombre, dans les circonstances cliniques de nos cabinets d’omnipraticiens. C’est ce qu’a très bien réussi à faire cet orateur qui nous a permis de voir en quoi cette technique pouvait nous rendre de grands services dans les cas les plus réfractaires. Car, à l’heure où les implants sont à la mode, il ne faut pas s’imaginer qu’en cas d’instabilité d’une prothèse inférieure, ceux-ci vont tout résoudre. En effet, si leur pose se réalise à l’encontre de l’équilibre physiologique, nous risquons de courir tout droit à l’échec. Par conséquent, l’enregistrement du volume à respecter pour réaliser la prothèse, objet de la piézographie, garde ici tout son intérêt. Et le confrère de nous expliquer comment obtenir l’enregistrement de cet espace physiologique dans lequel la prothèse pourra rester stable, même en cas de crête inexistante ou d’une surface d’assise extrêmement réduite. La détermination de ce couloir prothétique devient d’ailleurs pratiquement incontournable dans le cas où tous les repères classiques ont disparu, comme par exemple, après la reconstruction d’une mâchoire avec un os greffé, consécutivement à un cancer particulièrement mutilant…
Mais, loin de n’être réservée qu’à ces cas extrêmes, la piézographie peut trouver une indication plus courante dans le cas de patients qui se plaignent d’instabilité de leur prothèse, et pour lesquels il faudra par conséquent retrouver précisément cet espace neutre où règne l’équilibre physiologique entre les deux sangles musculaires. Une fois cette indication bien comprise, il ne reste plus qu’à passer à l’enregistrement proprement dit, soit avec une ancienne prothèse, soit avec une maquette. Il ne s’agit plus alors que de techniques, décrites de manière très concrète par ce praticien, qui a pu ainsi nous convaincre, par ses qualités pédagogiques indéniables, de les mettre en œuvre dans notre pratique quotidienne.

 

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L’ergonomie au cabinet dentaire nécessite pour être abordée avec sérieux, une approche multifactorielle. C’est ce à quoi s’attela Fabienne Papazian, kinésithérapeute, qui s’efforça de passer en revue, autant que faire se peut dans un temps record, l’ensemble des facteurs qui jouent dans notre confort de travail. Après un rappel nécessaire de l’anatomie et de la biomécanique de la colonne vertébrale, l’oratrice se concentra sur le disque intervertébral et son nucleus pulposus qui constitue le nœud du problème. Il est en effet la clé de voûte des problèmes que nous rencontrons. Après des années de pratique, cet amortisseur qui n’est « nourri » que par un phénomène osmotique, s’écrase, et ses fibres de collagène s’abiment. Fabienne Papazian recommande à cet égard la glucosamine, capable selon son expérience et les résultats convaincants qu’elle a obtenus, de régénérer ce disque.
Ont ensuite été évoqués tous les facteurs de risque qui nous piègent dans notre pratique quotidienne, tant du point de vue des positions de travail que de l’ergonomie du cabinet et de son mobilier. C’est bien sûr au praticien qu’il revient de positionner correctement son patient pour ne pas avoir à se contorsionner, en s’aidant au besoin de miroirs pour travailler en indirect, ou de binoculaire pour obtenir une vue agrandie du champ opératoire. Il ne fut pas inutile de rappeler à cet égard l’aide conséquente que représente la présence d’une assistante, tant au fauteuil, qu’au bureau, afin de diminuer les facteurs de stress, notamment par une bonne gestion de l’agenda et des urgences. Enfin, il est particulièrement recommandé au dentiste, à l’activité particulièrement sédentaire, de pratiquer une activité sportive qui permette à la fois au corps de se mettre en mouvement, et à l’esprit de se déstresser.
Une partie non négligeable de l’exposé consista à se focaliser sur l’aménagement du cabinet, et à porter sur le mobilier commercialisé, qui ne respecte parfois pas les règles élémentaires d’ergonomie, un regard critique. Tant le fauteuil destiné au patient que celui réservé au praticien furent analysés, de même que les meubles environnants qui devraient être conçus pour ménager le maximum d’espace à hauteur scapulaire, ce qui est loin d’être souvent le cas puisque la plupart des tiroirs se trouvent la plupart du temps sous le plan de travail, empêchant de surcroît les jambes du dentiste de se placer  en-dessous de celui-ci, là où ergonomiquement parlant, elles devraient se trouver… Pour terminer par une note philosophique, l’oratrice nous convia très judicieusement à travailler « à l’économie » de nos mouvements, et à ne surtout pas sacrifier notre dos au profit de « la rentabilité financière » à court terme…

 

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Endodontie : prises de décision, échecs et nouveautés : c’est toute l’après-midi qui fut consacrée par les professeurs J-P Van Nieuwenhuysen et A. Gazi à ce sujet. Après avoir passé en revue les tests cliniques utilisés en endodontie (palpation, percussion, vitalité pulpaire, sondage parodontal, mordu), les multiples facteurs que nous prenons en compte (valeur stratégique de la dent, options restauratrices, facteur parodontal, facteur patient, facteur praticien, complexité endodontique) et les outils de diagnostic (radiographies, CTscan ou Cône Beam), les orateurs se sont attelés à nous proposer une séance interactive : l’un après l’autre, des cas nous ont été présentés face auxquels nous étions invités à prendre position quant au choix thérapeutique, quant à la facilité avec laquelle nous avions pris la décision, quant à la difficulté estimée du retraitement endodontique et si nous préconisions ou non une antibiothérapie. Bien qu’intéressante, cette approche nous mettait quelque peu mal à l’aise, étant donné que nous étions face à une image, le plus souvent radiologique, et des critères parfaitement froids qui faisaient totalement abstraction de la relation avec le patient, pourtant oh combien importante dans le cadre de notre pratique quotidienne... Néanmoins, nous avons appris à nous méfier de la radiologie à deux dimensions, compte tenu de l’apport de la 3D qui peut à présent faire découvrir certains éléments passés totalement inaperçus en 2D.

Ensuite, le professeur J-P Van Nieuwenhuysen nous a exposé les critères de réussite en endodontie (absence de symptomatologie radiologique, clinique et douloureuse, dent restaurée et fonctionnelle), et les a discutés en insistant sur la complexité du système canalaire. En effet, il n’y a pas forcément de sanction si l’obturation ne répond pas aux critères, et les cônes d’argent utilisés dans le temps ne donnaient pas de si mauvais résultats. Nous sommes en fait très loin de maîtriser la question parfaitement. Il convient également de se méfier de douleurs qui peuvent être en fait non odontogènes, comme des douleurs chroniques orofaciales pour lesquelles il s’agit de faire le diagnostic différentiel, mais aussi de fêlures ou fractures qui ne sont en fait décelables qu’au microscope…

Le professeur J-P Van Nieuwenhuysen nous a ensuite parlé des causes d’échec en endodontie comme la qualité de l’obturation canalaire, les canaux oubliés (notamment le MV2), les canaux latéraux, les fractures radiculaires verticales ou corono-radiculaires, les parodontopathies qui condamnent la dent quelles que soient le traitement endodontique, la qualité des obturations coronaire et radiculaire, les causes iatrogènes ou les fractures instrumentales. Un chapitre fut également consacré à la prévention des échecs comme une cavité suffisamment ouverte, la suppression des interférences situées dans les deux tiers coronaires de la racine, la préparation corono-apicale, mécanisée mais précédée d’une préparation manuelle initiale, la récapitulation ou l’irrigation abondante avec l’utilisation de chélateurs.

Le Professeur A. Gazi clôtura l’après-midi en évoquant d’une part les nouveautés en endodontie (kit StartX, Navi tip, kit endo success, path files, endoactivator, etc.) et d’autre part, les perspectives d’avenir avec les cellules souches, science très prometteuse mais par rapport à laquelle nous n’avons pas encore assez de recul.

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Les composites et leurs dernières évolutions 

Ils constituent le quotidien des cabinets dentaires actuels. Ils évoluent sans cesse mais que retenir sur leur situation actuelle ? Sébastien Beun (chargé de cours UCL) a apporté quelques éléments sur ce sujet. 

Les charges 

Au fil du temps, la taille des charges (phase inorganique des résines composites) n’a cessé de diminuer: on parle aujourd’hui de nanocharges de 20 à 50 nm. On distinguera cependant les composites nano-hybrides composés de charges différentes en taille et en forme et les nano-chargés composés de nanoclusters.  
On connait les défauts et avantages de l’amalgame et des composites. En cas de reconstitution cuspidienne, que choisir ? 15% de l’auditoire plaide pour l’utilisation de l’amalgame tandis que les autres confrères optent pour le composite. En réalité et si on fait fi de l’aspect strictement esthétique, les études de littératures sur ce sujet ne permettent pas de pencher pour l’une ou l’autre solution tant les paramètres influents sont nombreux (qualité de la dentine, protocole utilisé, …). Bien que le recours à l’amalgame diminue, on peut se poser la question si les nouveaux composites améliorent leurs inconvénients d’origine: récidive carieuse, qualité des joints, contraction de prise, propriétés mécaniques plus faibles, …
Parmi ceux-ci, la contraction de prise est une des plus préjudiciables à la longévité de l’obturation. Les nouveaux composites tente de répondre à ce problème en rallongeant la taille des molécules du monomère (BisGMA): au plus celle-ci est longue au moins il y a de contraction liée à la photopolymérisation (exemple N’Durance). Une autre manière d’influer sur la contraction est de modifier la forme moléculaire. Les Siloranes ne sont pas des méthacrylates et sont composés de chaînes moléculaires circulaires qui limitent leur contraction de prise à moins d e 1%. Cet avantage doit cependant être pondéré par deux inconvénients: leur esthétique perfectible et l’obligation d’utiliser un système d’adhésion différent.
On peut conclure qu’actuellement, même si nous n’avons pas encore LA solution universelle, il n’y a plus de «mauvais »  composites sur le marché. Les nouveaux produits apportent immanquablement une amélioration des joints, de meilleures propriétés mécaniques et de bonnes performances esthétiques. L’essentiel reste cependant de les mettre en œuvre en connaissance de cause, de respecter les protocoles, de veiller à la qualité de la lampe à photopolymériser, d’utiliser correctement des adhésifs performants, …

 

 

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L’harmonie faciale. 

Thierry Decoster est président de la SOBOR-BEVOR. Pour lui la recherche du « beau » dans la société a véritablement boosté l’orthodontie. Changer l’apparence d’un patient consiste à changer son existence. Encore faut-il définir des critères de beauté. Pour tenter de se rapprocher des standards, Thierry Decoster s’est livré à une étude des visages de stars du cinéma et de la mode. Bien que cet exercice est difficile à synthétiser puisqu’il fut largement documenté par l’image, les traitements orthodontiques peuvent répondre à des objectifs fonctionnelles mais ne pas atteindre les objectifs esthétiques souhaités par le patient. L’appréciation du beau n’est pas la même entre celles du praticien généraliste, de l’orthodontiste et du patient. Les calculs d’angles doivent donc tenir compte aussi de l’harmonie du visage. Par exemple reculer la lèvre chez un homme est moins préjudiciable que chez une femme.

Les critères du sourire, définit par Vincent Kokich, tiennent compte une série de paramètres comme la longueur et la largeur coronaires des incisives, leur inclinaison, la ligne médiane, les embrasures gingivales, le bord gingival, le plan incisif, …

 

 

 

 

 

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